Pilotis

Les maisons que nous construisons sont montées sur pilotis, pour trois raisons, deux d’ordre technique, la dernière d’ordre juridique.

1/ Stabiliser la construction sur un sol spongieux

L’élévation de la maison permet d’isoler le plancher de l’humidité du sol, voire dans certains cas de l’eau d’un ruisseau, ou des inondations… Elle protège aussi le foyer des infestations d’animaux nuisibles.

Et pour protéger les pilotis eux-même des agressions du temps, nous les enduisons… d’huile de vidange ! Ce liquide a la propriété de rendre le bois imputrescible.

Technique :

Nous commençons par planter le « pilotis maître », à l’endroit le plus haut du terrain. C’est lui qui est le plus enfoncé, et donc le plus solide: il sert de base. Nous plantons un deuxième pilotis à six mètres du premier.

Afin de déterminer l’emplacement du troisième coin, nous utilisons le théorème de Pythagore : la maison mesurant trois mètres par six, sa diagonale doit mesurer six mètres soixante-et-onze (3²+6²=6,71²). CQFD !

Une fois les quatre coins mis en place, nous tendons des cordelettes afin d’aligner les pilotis intermédiaires.

2/ Niveler la maison sur un sol pentu :

Pour creuser, nous utilisons une barre à mine et une drôle de pelle à deux manches :

Il parait qu’en Bolivie il faut parfois creuser dans la roche de la montagne. Pour cela, ils mettent le feu puis l’éteignent avec de l’eau glacée ou de la neige, pour créer un choc thermique qui affaiblit le granit.

Pour niveler les pilotis entre eux, nous utilisons un tuyau transparent rempli d’eau légèrement boueuse (donc colorée): en l’absence de bulles, le niveau à un bout est forcément le même qu’à l’autre bout !

Grâce à ce système, nous arrivons à travailler sur des pentes très inclinées :

3/ Contourner la loi

Par définition, une favela est un « quartier situé sur des terrains occupés illégalement, le plus souvent insalubres (marécages, pentes raides des collines), et dont les habitations sont construites avec des matériaux de récupération » [wikipédia].

Il est donc difficile pour une ONG d’avoir pour principale activité la construction illégale ! Les pilotis permettent d’éviter cet écueil juridique: en étant montées sur des pieux, les cabanes sont considérées comme des meubles, et non comme des immeubles.

Toutefois, pour ne pas favoriser l’expansion des favelas, pour ne pas contribuer à leur essor, nous construisons toujours la nouvelle maison en lieu et place de l’ancienne. En d’autres termes, nous démolissons la mansarde de la famille et construisons le chalet au même endroit. D’où la nécessité, parfois, de construire sur un terrain pentu ou inondable.

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