Incendie dans la Favela 21

Mars 2011, « Favela 21 », Carapicuíba.

Nous sommes une soixantaine de volontaires mobilisés et les cinq maisons que nous construisons sont sur le point d’être terminées. Après plusieurs jours de sueurs et de labeur, nous allons enfin goûter à « ce sentiment d’avoir bien fait ».

Vers 17 heures, je retrouve Lagartixa dans la rue centrale: il porte une échelle et s’apprête à commencer la couverture. Mon collègue, et ami, est le meilleur d’entre nous, le plus expérimenté aussi. Il a bâti sa réputation en réussissant plusieurs constructions difficiles, sur des terrains inaccessibles, pentus, ou inondés. Depuis, il hérite sur chaque nouveau projet de la partie la plus compliquée; et à chaque fois, il termine le premier.

Je monte avec lui sur la charpente et depuis cette hauteur, j’aperçois une épaisse fumée noire s’élever dans le ciel… 

[youtube:http://youtu.be/ugJgbTQfKEM?t=6s%5D

Attisées par une brise légère, les flammes gagnent rapidement en hauteur et en intensité. Dans la panique, j’essaie de sauver ce qui peut l’être d’une main, et je prends des photos de l’autre; si bien que je gêne plus que je n’aide, et que la majorité de mes clichés sont ratés.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Après de longues minutes à tenter d’arrêter le brasier, tout le monde se décide enfin à évacuer. Seuls les pompiers prennent la direction opposée; en croisant l’un des 17 camions rouges dépêchés, je me fais la promesse qu’un jour je ferai partie de « ceux qui vont en courant là où les autres partent en courant »…

Plus tard, les bombeiros nous livreront leurs informations: l’origine du sinistre est inconnue, sans doute accidentelle. Une quarantaine de baraquements sont partis en fumée, laissant autant de familles sans toit ni mobilier. Par miracle, aucune victime humaine n’est à déplorer; mais des animaux, dont des chiens et des chevaux, ont péri dans l’incendie.

Nous nous retrouvons entre voluntários: certain(e)s pleurent, d’autres s’étreignent, d’autres enfin fixent la fumée se dissiper au loin. Nous nous sentons tous impuissants, désarmés. Touchés, brûlés. Et dire que la veille, un hélicoptère était venu nous protéger

Malgré la fatigue cumulée de plusieurs longues journées, nous sommes tous prêts à y retourner, à tout recommencer ! Lagarto, lui, préfère aller se coucher.

Le lendemain, il était le premier levé. Le premier de retour sur le chantier. Et comme de coutume, la maison dont il avait la charge, épargnée, fut la première terminée.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Publicités

Une réflexion au sujet de « Incendie dans la Favela 21 »

  1. Ping : "Dieu est brésilien" | Morgui-sp

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s